La Pollution Lumineuse

Opération Réduction de la pollution lumineuse nocturne

En 2016, la commune de Saint-Barthélemy-Grozon a décidé de procéder à la modernisation de l'ensemble de son éclairage en remplaçant les lampes à vapeur de mercure -- désormais interdites -- par des luminaires équipés d’ampoules au sodium plus soucieux de l'environnement et moins énergivores (les ampoules au sodium utilisées ne consommant que 50 watts alors que les ballons à vapeur de mercure en demandent 125). L'opération était accompagnée par le Syndicat Départemental d’Energie de l’Ardèche (SDE 07). Les travaux furent effectués en deux tranches (de 2017 à 2018) par l’entreprise Eiffage, pour un coût total d'investissement de 44 633 €, pris en charge à 50% par le Syndicat Départemental de l’Energie de l’Ardèche.

 

Par ailleurs, dès 2018, l'éclairage public a été éteint de minuit à 5 h du matin, afin de réduire à la fois la pollution lumineuse nocturne et la consommation d'énergie, à l'instar de ce qui se fait désormais dans de nombreuses communes françaises. Réduction de la période d'éclairage nocturne et changement de technologie des lampes sont sans aucun doute les principaux responsables de la très significative réduction de la facture d'électricité acquittée par Saint-Barthélemy-Grozon:

 

D'UN MONTANT PROCHE DE 14 000 € / AN EN 2015, NOUS SOMMES PASSES A 6 000 € EN 2020

 

Electricite de penses annuelles de la commune

A l'automne 2020, l’extinction de l'éclairage public a été avancé de minuit à 23h, ce qui conduira à une nouvelle réduction de la facture énergétique de la commune.

L'ANPCEN et sa Charte

Les grands enjeux de la protection du ciel et de l’environnement nocturnes

 

"la vie a besoin de la nuit, la nuit a besoin de nous ..."

L'Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l'Environnement Nocturnes (ANPCEN), anciennement Association Nationale pour la Protection du Ciel Nocturne (ANPCN), est une association française œuvrant pour la qualité de la nuit et luttant contre la pollution lumineuse. Fondée en 1999 par des astronomes puis rejoint par des naturalistes, chercheurs, techniciens de l'éclairage, élus, elle a évolué depuis vers une prise en compte plus large des enjeux de la pollution lumineuse1 : la biodiversité et les paysages, les enjeux sanitaires et sociaux, l'énergie, le climat et les déchets, les enjeux budgétaires.

L’ANPCEN a reçu l’agrément national des Associations de Protection de l’Environnement.

L'association décerne le label Villes et Villages étoilés, qui se décline de 1 à 5 étoiles suivant le niveau d'implication de la commune dans la gestion de son éclairage nocturne.

 

Charte de l'ANPCEN (2015)

 

Au XXIe siècle, en Europe notamment, la modernité de la lumière c’est désormais :

  • Poser différemment les questions de l’éclairage en tenant compte des enjeux du XXIe siècle ?
  • Ne plus augmenter la quantité globale de lumière artificielle émise la nuit et la diminuer,

  • augmenter l’apport de lumière naturelle le jour dans les lieux de vie et espaces professionnels,

  • Ne plus fixer systématiquement des minimums d’éclairement à maintenir la nuit, mais au contraire établir des limites à adopter collectivement ; reconnaître que l’existence de limites dans un monde aux ressources finies est une condition d’existence pour les générations futures,

  • Adopter résolument une approche globale, transversale et intégrée des enjeux de la lumière, pour viser une plus grande cohérence,

  • Prendre en compte résolument les externalités ou impacts de la lumière artificielle la nuit, sur l’environnement, les changements climatiques, les paysages nocturnes et la biodiversité, la santé, les ressources en matières premières rares, l’observation culturelle, citoyenne ou scientifique du ciel étoilé… pour connecter plus « justement » l’éclairage aux grands enjeux du siècle,

  • Etre solidaires avec ses voisins de quartiers, de communes, de nations… quant aux conséquences de ses propres choix d’éclairage en terme de pollution lumineuse visible à distance des sources,

  • Mieux partager le temps spécifique de la nuit, ainsi que la qualité de la nuit avec les êtres vivants de la biodiversité, indispensables aux vies humaines,

  • Faire évoluer les usages de la lumière, d’abord par des mesures de bon sens, sans coût, simples et à effets immédiats, en euros, en Kwh et en nuisances lumineuses évitées ; puis progresser par certains équipements ou investissements,

  • Tenir compte pour certains investissements de leur surcoût, des coûts de fonctionnement et de maintenance dans les dettes et budgets des communes, donc de l’impôt des citoyens.

  • Associer les citoyens aux enjeux, aux choix et leurs conséquences,

  • Eco-concevoir, recycler, réutiliser, réemployer,

  • Qualifier la nature des services rendus par l’éclairage, plutôt que les matériels seulement ; faire évoluer les offres par les principes de l’économie de fonctionnalité (garantir des fonctions et pas seulement des produits) et par ceux de l’économie circulaire (privilégier l’approche et la gestion en cycles, plus inspirée des solutions trouvées par le vivant),

  • Répondre aux besoins réels des personnes, des sites et de l’environnement en les consultant, concevoir des installations sur mesure,

  • Pour les acteurs économiques du secteur, fabricants, installateurs, concepteurs, s’engager publiquement quant à leur responsabilité sociétale, au regard des 7 domaines des lignes directrices ISO 26000. Et s’engager publiquement contre l’obsolescence programmée,

  • Répondre dans les normes non obligatoires, d’une prise en compte visible des enjeux environnementaux,

  • Organiser des règles et un cadre de régulation, de manière concertée,

  • Rendre publiques les données relatives à l’éclairage public, en open data et favoriser l’open innovation. Créer une documentation indépendante.

Définitivement, au XXIe siècle, la modernité de la lumière, ce n’est plus :

  • Le tout technologique pour unique principe ou valeur de progrès, sans questionnement sur les finalités et impacts,

  • Les seules approches photométriques ou d’efficacité énergétique, sans approche globale,

  • La multiplication des mises en lumière et l’augmentation de la quantité globale de lumière émise la nuit,

  • La seule prescription d’investissements techniques et financiers, sans amélioration par les usages et le recours au bon sens,

  • Les choix de lumière orientés principalement par des logiques massives et organisées de l’offre économique,

  • Les approches normalisées et standardisées, mal ou non adaptées aux vœux des élus, des acteurs, des citoyens et aux spécificités de terrain.

 

En conclusion, un conseil de lecture ...

"Inventons l'éclairage du 21ème diècle", Manifeste 2015 de l’ANPCEN

Date de dernière mise à jour : 07/03/2021