Histoire

Le village de Grozon est mentionné dans des ouvrages du XIIème siècle. Mais les fortifications du château de Grozon datent du Xème siècle. Grozon est en tous cas marqué par l'histoire des Templiers. Cet ordre a été créé en 1120, lors du Concile de Naplouse. Il s'appelait alors Milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon. Et avait pour mission de sécuriser le voyage des pélerins vers la Terre Sainte. Les Templiers seront dissous en 1312 par le Concile de Vienne (Isère et non Autriche), convoqué par le pape Clément V à la demande de Philippe le Bel, roi de France pour statuer sur l'avenir de l'Ordre.

Entretemps, en 1186, la Commanderie des Templiers de Valence achète pour 8 livres valentinoises à un certain Pons Gilbert le "manse" del Vernale, petit territoire du "mandement" de Grozon. C'est ainsi que le village (appelé à l'époque Garanson, Garauzon voire Garausone ...) poursuit son développement, autour de la ferme fondée par les Templiers. Garauzon s'établit alors en commune, dont le seigneur relevait alors de la baronnie de Chalencon, qui comptait à l'époque "80 clochers". 

En 1287, un accord est conclu entre le sieur de Grozon et les Templiers. A sa mort en 1336, Guichard de Clérieu, seigneur de l'époque, lègue Garauzon au roi de France, qui en confie la gouvernance à Louis 1er de Poitier, Comte de Valentinois. En 1358, le roi de France, Jean II Le Bon, accorde à Grozon le privilège d'exemption de toute imposition.

En 1390, Raoul de Lestrange, nobliau limousin protestant récemment installé à Boulogne, entre Privas et Aubenas, achète Grozon à Louis 1er de Poitier, au prix de 3000 livres Tournois, en présence du Sieur de Vernes, notaire royal. Boulogne et Grozon deviennent places catholiques par le mariage de la protestante Marie de Lestrange avec René de Hautefort, en 1580.

En 1709, quelques années après la fin de la "guerre des camisards" dans les Cévennes, un grave incident se produit à proximité de Grozon. Dans ses mémoires, Me Bouchet, l'un des notaires lamastrois de l'époque, décrit cet épouvantable massacre : « Le 12 juin 1709, les religionnaires nommés camisards (1) sont entrés au château des Bos, le matin, à l’ouverture des portes, et pris toutes les armes. Ils se sont ensuite assemblés à la Roue d’Isserlets (2), y ont prêché et donné la Cène, au nombre d’environ 200 armés et plus de 400 paysans. Les sieurs de Roquelaure et de Lamoignon, Commandant et Intendant en Languedoc, sont venus en Isserlets avec 4.000 hommes de troupes, menant canons et autre artillerie de guerre ; les ayant suivis, les ont attrapés proche de Leyris, en ont défait une partie (8 juillet), et le restant à Fontréal proche de Cluac (19 juillet)… En prenant la cène, on leur fait avaler des charmes (3), en sorte qu’ils charmaient (3) tous et qu’ils n’ont pu être tués qu’en leur donnant au visage. Il y est aussi resté quantité d’officiers et de soldats, s’étant cruellement défendus avec leurs charmes (3), croyant qu’il leur était capable d’en tuer mille. Il y en a eu une grande quantité de pris et pendus et roués en plusieurs endroits… ». Cette macabre histoire rappelle la violence des affrontements entre catholiques et protestants pendant les guerres de Religion. 

Sur la carte de France établie au XVIIIème siècle par César-François Cassini et son fils Jean-Dominique Cassini (voir le fac-similé ci-dessous; cette carte est aussi appelée carte de l'Académie), Grozon est dénommé Garanson. 

Initialement, Grozon, ancien fief des Templiers, faisait partie de la commune de Gilhoc. Après le détachement de Grozon de Gilhoc en 1790, la paroisse de Grozon fusionne avec celle de Saint-Barthélemy-le-Pin en 1801, pour former la commune de Saint-Barthélemy-le-Pin (pendant la Révolution, la commune a porté le toponyme de Pin d'Issarlès). La commune a été renommée Saint-Barthélemy-Grozon le 17 novembre 1995, pour éviter toute confusion avec la commune proche de Saint-Barthélemy-le-Plain.

Le chateau de Grozon, qui a été incendié en 1789 et qui appartenait toujours à la famille de Lestrange, est racheté en 1923 par Raoul Giraud, qui le lègue à son neveu Jacques Vernet (✝ 2020) en 1970. Propriété, aujourd'hui, de Pierre-Camille Vernet, il a été restauré et est ouvert pour l'organisation de manifestations et de séminaires de formation aux techniques manuelles de somatopathie.

Grozon abrite un temple, qui a été inauguré le 2 mai 1852.

(1) Les camisards sont des protestants français (huguenots) de la région des Cévennes, en France, qui ont mené une insurrection contre les persécutions qui ont suivi la révocation de l'Édit de Nantes en 1685.

(2) Le Serre de la Roue

(3) "Charmes": philtres, envoûtements; "ils charmaient": ils étaient envoûtés.

Sources et Contributions

Un grand merci à Serge GARCIA, habitant du village de Grozon, qui compile et analyse avec passion, depuis des années, des récits et documents concernant l'histoire de notre commune. Nous avons puisé maintes informations dans le volumineux ouvrage qu'il est en train de terminer.

Nous avons également pratiqué quelques emprunts au site medarus.org, qui rassemble des éléments historiques concernant les communes d'Ardèche.

La carte de Cassini

Carte de cassini de lamastre garanson

Les maires de la Commune, de 1810 à nos jours ...

Maires sbg de 1810 a nos jours

Date de dernière mise à jour : 06/03/2021